Je suis au début de mon « empire ». Oui, le mot est un peu fort… mais je rêve grand !
Nous sommes au début de BullHome. J’ai beaucoup d’ambitions, énormément d’idées et une vision qui me donne envie d’aller loin. Très loin même. Mais, je dois bien l’avouer, tout cela est aussi assez vertigineux. Parfois, je ne sais plus où donner de la tête. J’ai envie de construire quelque chose de beau, de grandiose, quelque chose qui me ressemble vraiment… mais j’ai peur. Et cette peur m’empêche parfois de me lancer pleinement.
J’ai peur du regard des autres, des jugements, de ce que l’on pourrait penser de moi ou de mon travail… et surtout, j’ai peur de mon propre jugement.
Je suis extrêmement exigeante envers moi-même. Je me fixe des objectifs très hauts et j’aimerais, évidemment, être immédiatement à la hauteur de mes ambitions. Mais soyons honnêtes : ce n’est tout simplement pas réaliste. Comment pourrais-je déjà être au niveau où je souhaite arriver alors que je suis encore au début du chemin ?
Et puis, vous savez quoi ?
On s’en fout.
Il y aura toujours quelque chose à redire. Il y aura toujours quelqu’un qui fera différemment, qui pensera autrement, qui aimera ou qui n’aimera pas. Et avec mon niveau d’exigence, je trouverai probablement moi-même toujours quelque chose à améliorer !
Alors peut-être que le véritable problème n’est pas le regard des autres.
Peut-être que, dans la plupart des cas, ce ne sont pas les autres qui nous mettent des barrières. C’est nous-mêmes.
Nous nous racontons que nous ne sommes pas prêts, pas assez bons, pas assez légitimes, pas assez expérimentés. Nous cherchons à tout contrôler, à tout anticiper, à tout faire parfaitement avant même d’avoir commencé.
Et si, à force de vouloir tellement bien faire, je finissais par ne plus rien faire du tout ?
Voilà le véritable danger.
Alors aujourd’hui, j’ai envie de me rappeler quelque chose d’essentiel : lâche prise et lance-toi.
Créer avec le cœur
La décoration est un métier de création. Et pourtant, je me surprends parfois à créer comme une technicienne. Je cherche la bonne réponse, la bonne idée, le bon contenu, le bon projet, la bonne façon de communiquer. Je veux que tout soit cohérent, pertinent, professionnel. Bien sûr, la technique est importante. Elle permet de structurer, de comprendre, de réaliser. Mais une création ne peut pas être uniquement technique. Il faut aussi une part d’intuition, d’émotion, de spontanéité, de personnalité, Une part de don du cœur.
Et je crois que c’est ce qui me manque parfois : m’autoriser à créer sans immédiatement me demander si cela va plaire. Parce qu’au fond, je préfère être une artiste qui ose créer qu’une technicienne qui cherche constamment la perfection. Et puis, être décoratrice d’intérieur, ce n’est pas seulement être décoratrice. C’est être entrepreneure, communicante, commerciale, créatrice de contenu, gestionnaire, organisatrice, stratège… et parfois photographe, rédactrice, comptable et j’en passe !
Toutes ces casquettes sont nécessaires. Mais vouloir être excellente dans chacune d’entre elles, tout le temps, dès le départ, est une pression énorme. Et parfois, cette pression me fait paniquer.
Alors je ne fais rien.
À force de vouloir tout contrôler, je finis par perdre le contrôle.
Lâcher les chevaux
Alors peut-être que la solution est beaucoup plus simple que ce que je cherche.
Lâcher prise.
Arrêter de vouloir connaître la destination exacte avant même d’avoir commencé à marcher: Faire, tout simplement.
Me demander chaque matin :
« Qu’est-ce que je peux faire aujourd’hui pour avancer ? »
Pas : « Est-ce que c’est parfait ? »
Pas : « Est-ce que les gens vont aimer ? »
Pas : « Est-ce que je suis suffisamment légitime pour faire ça ? »
Mais simplement : « Qu’est-ce que je peux faire maintenant ? »
Communiquer, prospecter, créer, réfléchir à ma stratégie, faire mon administratif, travailler sur mes projets.
Une chose après l’autre. Parce que je crois que j’attends parfois d’avoir confiance en moi pour passer à l’action. Alors que c’est l’inverse.
C’est en passant à l’action que je vais prendre confiance.
C’est en osant publier que je vais me sentir plus légitime.
C’est en rencontrant des clients que je vais comprendre ce dont ils ont réellement besoin.
C’est en me trompant que je saurai comment faire mieux.
Avancer pour apprendre qui je suis
Je suis au début. Et cette phrase, j’ai besoin de me la rappeler. Je n’ai pas encore toutes les réponses parce que je suis justement en train de les découvrir. En avançant, je vais apprendre à mieux me connaître. Je vais découvrir mes forces, mes faiblesses, ce que j’aime vraiment faire et ce que j’aime moins. Je vais comprendre ce que je peux faire seule et ce que j’aurai intérêt à déléguer. Je vais rencontrer des personnes avec lesquelles j’aurai peut-être envie de m’associer. Mes goûts vont évoluer. Ma vision va se préciser. Mes valeurs vont continuer à se construire. Je vais découvrir quels clients me correspondent vraiment, quels projets me font vibrer, quel modèle d’entreprise j’ai envie de construire et, peut-être même, quel salaire j’ai envie de me verser. Tout cela, je ne peux pas le savoir aujourd’hui. Parce qu’on ne découvre pas son chemin avant de l’avoir parcouru. On le découvre en marchant. Et finalement, c’est peut-être ça qui est le plus excitant dans l’entrepreneuriat : accepter de ne pas tout savoir et se laisser surprendre par ce que l’on va devenir.
Plus qu’hier, moins que demain
Je crois que la confiance en soi est parfois simplement cachée derrière l’inconnu.
On se raconte des histoires pour se protéger :
« Je ne suis pas prête. »
« Je ne suis pas assez douée. »
« Je ne suis pas légitime. »
« Les autres vont me juger. »
Mais ces histoires sont souvent dans notre tête. Et la seule façon de les faire taire, c’est d’avancer malgré elles. Bien sûr, il y aura des résistances, des erreurs, des chutes, des choses que je regretterai peut-être. Mais je sais déjà ce que je regretterais davantage :
ne pas m’être lancée.
Les erreurs sont là pour nous apprendre. Elles nous permettent de rectifier le tir, de comprendre, d’évoluer et de proposer quelque chose de meilleur la fois suivante : Grandir.
Voilà probablement le maître-mot de mon vocabulaire.
Il y a une phrase qui m’accompagne depuis longtemps :
« Plus qu’hier, moins que demain. »
Je crois que c’est exactement la philosophie que j’ai envie d’appliquer à BullHome… et à ma vie. J’aime imaginer que je suis sur une montagne. Chaque jour, je grimpe un peu. Parfois, j’avance rapidement. Parfois, je ralentis. Parfois, je trébuche. Et parfois, j’ai tellement la tête dans l’effort que j’oublie de regarder autour de moi. Alors je veux apprendre à m’arrêter. À regarder la vue. À regarder le chemin déjà parcouru. À être fière de ce que j’ai accompli, même si je ne suis pas encore arrivée au sommet. Parce qu’au fond, je ne veux pas seulement atteindre mes objectifs. Je veux aimer la personne que je deviens en chemin. Alors aujourd’hui, j’ai envie de lâcher un peu le contrôle. De créer davantage avec le cœur. De faire, même si ce n’est pas parfait. D’avancer, même si je ne sais pas exactement où cela va me mener. Et surtout, de grandir. J’ai hâte de grandir avec BullHome, de m’épanouir dans cette aventure et, un jour, de me retourner pour regarder tout le chemin parcouru.
Et vous, quelle est votre voie ?