Voilà, je me suis fait avoir… J’utilise trop l’IA, au point où je me demande où est passée ma propre patte.
Je m’explique. Niveau idées, j’en ai toujours à la pelle. Et franchement, j’en suis même boulimique. Mais le souci ne se situe pas là. Il se situe au moment où je dois les retranscrire en image ou en texte. Je vais avoir toute la base, le fond, l’idée, le contexte… mais au moment de mettre tout ça en forme, il n’y a plus personne. ( pour les post insta et le blog)
C’est pareil pour les textes. Dans un premier temps, j’écris. Et pour la petite anecdote, j’écris dans un journal tous les jours, donc je suis très familière avec l’écriture et j’adore ça. Mais je ne sais vraiment pas écrire. Enfin, je veux dire : je ne maîtrise pas particulièrement bien la syntaxe et je fais énormément de fautes. Mais là encore, la course à la performance est lancée. Ou peut-être que je me suis simplement lancée toute seule dans cette course.
La définition de cette course ? Produire toutes les semaines un bon article, publier trois posts chaque semaine et, bien sûr, toujours avoir une bonne croissance, développer mes projets et trouver de futurs clients. Le truc, c’est que je me mets tellement la pression que cela finit par me bloquer. Mais puisque je me dis que je me suis engagée, je me sens obligée de produire.
Vous l’avez peut-être remarqué — enfin, peut-être qu’il n’y a que moi que cela dérange et que personne ne le remarque — mais cela fait plusieurs semaines que je ne poste plus aussi régulièrement. Il faut dire qu’il n’y a même plus vraiment de plaisir. Voire peut-être qu’au fond, il n’y en a jamais vraiment eu…
Parce qu’en fait, j’adore faire de la décoration d’intérieur et chercher des idées de posts. J’adore réfléchir, imaginer, chercher, observer. Mais je n’aime pas forcément les faire sous forme de post ou de blog. Être derrière un écran et produire, ce n’est pas vraiment mon truc. J’ai besoin de toucher, d’imaginer dans ma tête, de manipuler… mais pas forcément avec un écran.
L’ordinateur, c’est quelque chose qui me brime. Ou plutôt qui me brise ? Je me sens dépossédée, déconnectée lorsque je suis dessus. Il faut dire que je suis une grande fan de papier. J’aime déchirer le papier et le coller, faire des choses un peu à la manière du scrapbooking. J’aime créer avec mes mains et voir les choses apparaître devant moi, plutôt que de passer par un logiciel.
C’est sûrement aussi parce que je ne possède pas encore les clés de ces applications et que je ne les maîtrise donc pas suffisamment. Avec le papier, je suis directement en contact avec la matière et je connais mes capacités. Je sais ce que je peux faire et comment le faire. Sur l’ordinateur, j’ai parfois l’impression que l’outil est plus fort que moi, et ça me bloque.
Il y a donc fort à parier que je me mette aussi moi-même des barrières. Que je souffre d’un blocage. Je le ressens d’ailleurs actuellement avec les petits pas que je dois — ou plutôt que je veux — faire. C’est comme si je me retenais. Comme si, quelque part, une partie de moi mettait volontairement un frein.
Et niveau écriture, la vraie question qui se pose aujourd’hui est donc : est-ce que c’est une bonne chose de se faire aider par l’IA ?
En réalité, voilà ce que je lui demande principalement : de corriger mes fautes et de reformuler mes phrases. Donc je fais tout de même le travail en amont. Le fond de ma pensée est toujours là. Les idées viennent de moi, les réflexions viennent de moi, le contexte vient de moi. Sauf les fois où je déborde et où je laisse l’IA prendre davantage le dessus.
Et c’est justement ce qui me gêne.
Ce que je vous écris aujourd’hui est assez difficile pour moi, parce qu’une partie de moi est déçue de mon propre comportement. Comme si mon travail n’était plus vraiment digne. Mais finalement, où est la dignité dans tout cela ?
Est-ce que demander de l’aide à un outil signifie que ce que l’on produit n’est plus vraiment à nous ? Ou est-ce simplement utiliser les outils qui existent à notre époque ? Après tout, personne ne reproche à un écrivain d’utiliser un correcteur orthographique ou à un architecte d’utiliser un logiciel pour dessiner ses plans. Alors pourquoi est-ce que j’ai cette impression de « tricher » lorsque j’utilise l’IA ?
Voilà pourquoi j’ai besoin de votre avis. Pour vous, où se situe la limite du raisonnable avec l’IA ? Est-ce que vous pensez qu’elle est à bannir complètement ? Est-ce que corriger ses fautes avec elle vous paraît normal ? Reformuler quelques phrases ? Faire des recherches et partager ensuite ce que l’on a appris ? À quel moment, selon vous, est-ce que l’aide devient trop importante ?
Et vous, est-ce que vous utilisez l’IA ? À quel point ? Et surtout, comment vous sentez-vous après l’avoir utilisée ?
Peut-être que je me prends tout simplement trop la tête. Peut-être que je devrais prendre tout ça davantage à la cool et être reconnaissante pour le savoir qu’elle peut me transmettre. Mais je n’arrive pas à me résoudre à ne pas questionner mon utilisation de l’IA, que je trouve parfois déraisonnable.
Peut-être que la vraie question n’est finalement pas de savoir si l’IA est « bien » ou « mal », mais plutôt de savoir quelle place on lui donne. Est-ce qu’elle nous aide à faire quelque chose que l’on aurait déjà fait nous-mêmes, simplement plus facilement ? Ou est-ce qu’elle commence à faire à notre place ce que l’on ne sait plus, ou que l’on ne veut plus, faire ?
Pour information, cet article a été corrigé — parce qu’il était bourré de fautes — et également restructuré avec l’aide de l’IA. J’ai écrit le texte, elle m’a aidée à le rendre plus lisible. D’ailleurs, le métier de correcteur a sûrement dû disparaître à cause de l’IA…
J’espère que vous ne m’en voudrez pas. La prochaine fois, je travaillerai davantage la mise en forme pour rendre le texte plus digeste, avec des chapitres, des titres… Parce que c’est vrai, présenté comme ça, ça fait quand même très massif !