Cacher – Révéler
Exposition « Avatars 2005–2025 » – Claude Viallat
Hôtel des Arts Toulon
Visite du 24 janvier 2026
Lors de cette exposition, j’ai découvert le travail d’un artiste coloriste dont l’univers m’a profondément touchée.
Il travaille des couleurs vives et intenses, avec une maîtrise remarquable des mélanges, des contrastes et des transparences — des qualités qui résonnent fortement avec ma propre sensibilité. J’aime la façon dont les couleurs dialoguent entre elles, sans jamais s’opposer, mais en se révélant mutuellement.
Son parcours m’a particulièrement marquée. Pendant des années, il a perfectionné une technique très réaliste, jusqu’au moment où il a ressenti un manque : quelque chose d’essentiel n’était pas là. Comme si représenter un paysage ou un portrait relevait davantage de la performance technique que de l’expression artistique. Il lui manquait l’âme.
Alors il a tout déconstruit.
Un changement radical : plus aucune représentation concrète, plus rien à interpréter. Juste des formes et des couleurs. Une manière de se libérer du mental, de l’analyse, de l’interprétation. Car au fond, à quoi bon chercher à comprendre quand on peut simplement ressentir ?
Dans cette abstraction, l’artiste laisse place au lâcher-prise. Le cœur, l’âme et le corps travaillent ensemble, en parfaite symbiose. Aucun ne prend le dessus sur l’autre. C’est peut-être là que réside l’essence même de sa démarche artistique.
Depuis plus de trente ans, chaque jour, il travaille avec un même pochoir. Et pourtant, chaque jour, il parvient à l’exploiter différemment. Je trouve cela absolument fascinant. Jusqu’à cinq œuvres par jour, toujours nouvelles, toujours vivantes.
Ses supports ne sont pas des toiles traditionnelles, mais des tissus de seconde main, issus de dons. Il en conserve toutes les traces de vécu : les coutures, les découpes, les marques du temps. Rien n’est effacé, car tout fait partie de l’histoire. Le tissu n’est pas seulement un support, il est mémoire.
Ce que je retiens, ce que j’ai envie d’interpréter
Ce qui m’inspire profondément dans son travail, c’est avant tout :
- Sa manière de faire vibrer les couleurs ensemble, avec justesse et harmonie.
- La régularité de sa création, ce rituel quotidien presque méditatif.
- L’utilisation de matières récupérées, ce geste de soutien, de lien, d’unité.
- Et surtout, cette idée de peindre sur un motif, de cacher pour mieux révéler, de laisser du vide pour que l’essentiel puisse apparaître.
Une approche qui, au-delà de l’art, parle de transformation intérieure, de dépouillement, et de retour à l’essentiel.
Troubler pour mieux réfléchir
Gourou – réalisé par Yann Gozlan
Avec Pierre Niney
Parmi mes sorties de ce trimestre, il y en a une qui m’a particulièrement marquée : ma sortie cinéma pour aller voir Gourou, avec Pierre Niney. J’ai adoré, mais surtout… j’ai été bouleversée. Ce film m’a clairement retourné le cerveau.
Pourquoi ? Parce que je suis moi-même une grande consommatrice de développement personnel. Livres, lives gratuits, vidéos, podcasts… j’ai même suivi une école en ligne de développement personnel. J’y ai investi du temps, de l’énergie, et aussi de l’argent. Et en sortant de ce film, une question m’a frappée de plein fouet : est-ce que tout ça est vraiment si sain que ça ?
Est-ce que ce n’est pas parfois une forme de manipulation ? Un retournement de cerveau subtil, qui exploite les failles, les fragilités et les blessures des gens pour faire de l’argent sur leur dos ? Je suis profondément pour le développement de soi, mais à quel prix ? Est-ce que se focaliser autant sur soi, ses traumas, ses problèmes, ses manques, est réellement la clé pour aller mieux ?
Et si, au fond, le bonheur se trouvait aussi ailleurs ? Dans le lien à l’autre, dans le temps passé avec les personnes qu’on aime, dans le partage, le réel, le concret.
Je vous avoue que ce film m’a fait prendre conscience d’une chose essentielle : la santé mentale est primordiale, et elle mérite d’être respectée, protégée, accompagnée avec beaucoup de discernement.
Alors oui, c’est un peu paradoxal, parce que d’un côté, je fais partie de cet univers-là. J’aime vous aider à mettre en valeur vos rêves et vos objectifs à travers votre intérieur. Mais ce film m’a rappelé que le plus important, avant toute chose, c’est de prendre soin de soi… sans se perdre.
Et vous, quelle est votre position sur le développement personnel ?
Héritage & modernité
Exposition « Infiniment Bleu »
Château Borély
Ce que j’en retiens avant tout, c’est le magnifique mur de poteries. Les murs composés de vaisselle sont une idée que j’imagine très facilement dans un intérieur contemporain : c’est une mise en scène simple à reproduire, qui habille immédiatement l’espace et lui donne du caractère. J’ai trouvé cela sublime, à la fois décoratif et chargé d’histoire.
J’ai également été frappée par la fonction très précise de chaque pièce de vaisselle : un service dédié au sucre, un autre à la sauce… Chaque objet possède sa propre utilité. Cela rappelle que la vaisselle n’est pas seulement esthétique, mais qu’elle répond aussi à des usages codifiés et à un véritable art de vivre.
J’ai particulièrement aimé l’association du très ancien avec le très moderne. Les époques dialoguent entre elles avec harmonie, prouvant que tradition et contemporanéité peuvent magnifiquement coexister.
Enfin, le lustre composé de vaisselle m’a beaucoup plu : une pièce originale, audacieuse et écologique, qui met en valeur la récupération tout en créant un objet spectaculaire.

Ambiances sous tension
La Femme de ménage
Un film qui m’a laissée dans un état étrange — presque inconfortable, mais cela en est très savoureux.
On est constamment dans le doute : qui est sain ? qui ne l’est pas ? pourquoi cette tension permanente ?
Impossible pour moi de ne pas le comparer avec « Hurlevent », lui aussi à l’affiche, qui aborde lui aussi des relations toxiques, mais dans un autre registre.
Ici, les décors sont plus contemporains, plus accessibles… du moins en apparence, car on reste dans une villa luxueuse. Une esthétique sombre, élégante, mais dans laquelle on peine à se projeter.
Côté jeu d’acteur : convaincant pour les rôles principaux. Mais certains personnages secondaires — comme le jardinier — interrogent sur leur réelle utilité.
Paysage du Sud
« Couleurs du Sud »
Par Jean-Louis Dubuc et Bernard Sudre
Centre d’Art Sébastien
Deux univers, deux énergies :
- l’un poétique
- l’autre plus dynamique
Mais un point commun évident : la maîtrise de la couleur.
Inspirés par le Sud, ces artistes retranscrivent une lumière, une chaleur, une identité. Une exposition à taille humaine, accessible, mais riche.
Une belle immersion dans ce qui fait, pour moi, la beauté de notre région.

Silence & contemplation
Alaska Highway
Par Jérémie Villet
Une découverte inattendue : un roman graphique… sans dialogue.
Et pourtant, tout est dit.
Les illustrations sont puissantes, apaisantes, presque hypnotiques. L’histoire est douce, sensible, profondément touchante.
Cette lecture m’a menée à découvrir son travail photographique : des animaux dans la neige, des paysages presque irréels… Un univers poétique, onirique, suspendu.
On a l’impression d’être dans un rêve.
Le cinéma comme source d’inspiration
Hurlevent
(d’après le roman de Emily Brontë « Les hauts de Hurlevent »)
Visuellement, ce film est une claque.
Décors, costumes, paysages… tout est sublime. On oublie souvent que le cinéma est une source d’inspiration incroyable en décoration intérieure.
Les scénographes et costumiers réalisent un travail colossal, d’une richesse folle.
Pourtant, je n’ai pas adhéré à l’histoire. Trop distante émotionnellement. Des personnages difficiles à aimer, presque dérangeants.
Et cela pose une vraie question :
peut-on aimer un film sans s’attacher à ses personnages ?
Créer envers et contre tout
« La Guerre Lucas »
de Renaud roche et Laurent Hopman
Un livre passionnant sur la création de Star Wars par George Lucas.
Au-delà de l’aspect artistique, c’est une leçon de persévérance.
Croire en ses idées, aller au bout, même quand tout semble incertain.
Créer, c’est aussi accepter de s’écouter. De ne pas toujours suivre les autres.
Et vous, quels sont vos rêves ?
S’immerger totalement
Projet Dernière Chance
Une immersion visuelle impressionnante.
Les décors sont si réalistes qu’on s’y croit totalement. Mention spéciale pour les matériaux imaginés — notamment ce verre organique, souple et modulable.
Un vrai terrain d’inspiration pour la décoration et le design de demain.
L’histoire est prenante, les personnages attachants.
J’ai passé un excellent moment.